15 août 2008

1986

Voilà ce qu'il en coûte de tenir un journal. Une vilaine habitude dont j'ai fini par me délivrer. Mais qui aura longtemps survécu. Et qui me permet donc de retrouver des traces écrites lors de mon premier séjour à Costa. 1986. Le mercredi 30 juillet. Le jour de l'installation. Trois mois après la catastrophe de Tchernobyl. Une semaine de latence. Sans aucun doute le temps qu'il me fut nécessaire pour me familiariser avec le village et ses habitants. J'ai écrit mes premières lignes le mardi 5 août. Un fatras de... [Lire la suite]
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07 août 2008

Pierres

Les phrases ciselées de Marie Ferranti. C'est art si particulier de créer un climat autour de quelques mots. Ce que je ressens lorsque je marche, certains jours, dans les rues de Costa. Ce qui s'exprime, chez elle, en quelques lignes. Des paragraphes très courts. D'une exceptionnelle densité. Le village. Ce qui n'est pas le silence. Ce qui s'écoute en dépit du silence. Qui, sans nul doute, émane des pierres. Un silence qui n'est pas le silence, qui anticipe sur les mots.
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07 août 2008

Chasse de nuit

"Je suis devenu étranger à celui que j'étais alors. Il ne reste rien du monde que j'ai connu dans ma jeunesse. La plupart de mes amis sont morts. Beaucoup ont fui cette île pour trouver sur le continent une vie meilleure. Elle n'était pas meilleure, mais aussi triste et misérable, sauf qu'ici, ils connaissaient les pierres des chemins, les noms des lieux, les endroits poissonneux de la rivière, le nom de leurs voisins et de toute leur parentèle et savaient ce que couleur d'un ciel vet dire. Mais cette science, je ne suis plus sûr... [Lire la suite]
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17 juillet 2008

Temps premier

Un matin d'août. Ce qu'englobe le regard. Du plus proche jusqu'au plus lointain. Un muret qui surplombe le village jusqu'à la mer et cette plaine enclose parmi les collines. L'avancée vers cette sorte de venelle, comme un refermement, une limitation du droit de l'intrus à investir un domaine qui n'est pas le sien. Dont il considère, puisque cela lui fut affirmé, qu'il n'est pas le sien. Mon pas conjugué à ceux de ma compagne et de ma fille. Nicole et Léa. Nos pas. Les regards qui quêtent ce que sera le point... [Lire la suite]
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04 juillet 2008

La paille et le feu

Les mots de Patrizia GATTACECA chantent dans ma langue. Ma fille s'y retrouvera sans doute. "Village mon pays De portes et murets, Tes marches sont usées De plaisir et d'enfance. Dans mon coeur chante encore La voix de Terra Nova, Les coups de sirocco Qui font claquer les draps Pendant que tu t'étends au soleil dans mes bras...." J'écrirai sur mes relations à cette autre langue, la langue corse, celle de Patrizia GATTACECA, que je n'ose reproduire ici, de peur de commettre une... [Lire la suite]
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01 juillet 2008

Je m'appelle Anna Livia

"Le soleil encore haut. Il éclairait presque toute la salle et en plein son visage nu, qui semblait avoir été desséché par le grand vent de la haute mer, les rides en lignes profondes et serrées se coupant à angles vifs, chaque fois qu'elle le regardait, ce visage lui communiquait son tourment. Depuis longtemps déjà cette voix calme, elle l'écoute avec un calme indifférent. Elle le comprend mais pas tout à fait sans doute. Ce n'est encore pour elle qu'une histoire qu'elle ne croirait pas si elle était raisonnable, mais qui... [Lire la suite]
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01 juillet 2008

Fragrances

Le souvenir d'un tout premier matin. Au terme d'une traversée que j'avais redoutée, moi que le mal de mer submerge dès que j'écris le mot bateau. Bourré de chimies. Mais insomniaque tout de même. Une nuit sur le pont du ferry. A scruter l'obscurité. Jusqu'à cet instant où j'ai entraperçu la toute première lumière. Celle d'un phare, au loin. A n'en pas douter, le Cap Corse. J'ai, dans un premier temps, découvert cette terre dans les pointillés que dessinaient les lumières. D'autres phares, peut-être. Des villages. Des hameaux.... [Lire la suite]
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28 juin 2008

Un rêve

Voici quelques années, j'ai commis une nouvelle. Je la restitue ici. Imparfaite. ASPETTAMI CORSICA           Le train m’a emporté jusqu’au cœur de la ville portuaire. La gare Saint Charles. L’abrupte descente des escaliers évoque en ma mémoire, bien que je m’en défende, d’autres escaliers. Odessa. Le cuirassier Potemkine. Les années du ciné-club, qui préludèrent à d’autres engagements. Qui m’enracinèrent dans l’antre d’une mythologie aux exaltantes... [Lire la suite]
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28 juin 2008

Préambule

Ce blog est d'abord et avant tout un hommage à Marie SUSINI. Femme d'exception qui m'a donné le désir de découvrir une terre à moi étrangère. Une terre dont j'ai borné la découverte à la seule Balagne et à son proche environnement. A partir d'un point d'ancrage, un minuscule village: COSTA. Ce blog se veut un témoignage d'amitié et de reconnaissance aux hommes et aux femmes de ce village qui m'ont concédé une place parmi eux. Ce blog s'élance parce qu'en moi se conjuguent les mots de Patrizia... [Lire la suite]
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